27.10.2009

pas de sorciers mais une fée!

Je suis super fière d'une nouvelle collaboration pour ce jeune homme bien imprudent dans sa forêt ensorcelée. Voici en exclusivité les premières illustrations de Lady dascali . Je suis conquise!

22.09.2009

Le secret de la lumière

Je trouve le titre un peu kitsch (mais moins quand même que l'enfant aux cheveux d'or). J'ai écrit cette histoire suite à mon inscription sur le forum génial de la luciole masquée. Cette histoire a déjà un refus dans le nez, mais je ne désespère pas!! (jamais!)

 

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Le secret de la lumière

 

 

1 La maison de Mamie

Dans la cabane au bout du jardin de ma grand-mère, il se passe de drôles de choses. Hier, j'ai entendu des rires.... Papy m'a dit: « Ce sont sûrement des hiboux ! »

Ah bon? Depuis quand les hiboux savent-ils rigoler?

Et puis ce soir quand je me suis mis à la fenêtre pour regarder les étoiles, j'ai vu quelque chose... une sorte de lumière qui bougeait, un peu comme la flamme d'une bougie. Cette fois-ci, j'ai gardé le silence. Pas envie de m'entendre dire que les hiboux ont des lampes de poche! Alors j'ai annoncé à la ronde: « Bon! Je vais me coucher! » Papy m'a dit « Bonne nuit! » sans décoller les yeux de son journal. Mamie m'a fait un petit sourire....

Mamie, elle est un peu magicienne, elle devine toujours tout. Peut-être sait-elle qu'il n'y a pas de hibou dans son jardin!

« Tu voudras que je vienne te faire un bisou? » m'a t-elle juste demandé.

« Euh... non! Pas besoin! »ai-je répondu: je suis un peu trop grand pour les bisous du soir.

« Tu dors dans ma chambre? » a continué Mamie.

J'ai fait oui de la tête.

En fait, ce n'est plus sa chambre maintenant. Mais elle dormait là quand elle était petite.

Dans la chambre de mamie, on n'a pas le temps de dormir! Il y a tellement de bazar qu'on peut jouer aux pirates, aux indiens, ou alors à chercher le trésor caché du château. Ce que je préfère, c'est la vieille commode magique. Chaque fois que je l'ouvre, il y a quelque chose d'extraordinaire à voir. J'y ai trouvé une cape noire de magicien et un chapeau haut de forme....Je suis sûr que mamie, c'est vraiment une magicienne...

 

2 Le secret

Je monte les escaliers quatre à quatre, je pousse la porte de « ma » chambre et me précipite à la fenêtre: elle donne aussi sur le jardin. Il n'y a rien d'étrange pour le moment. Pas de lumières, pas de rires... Bon! Je vais m'attaquer au deuxième tiroir de la commode magique alors!

Je l'ouvre et je commence à sortir toutes les affaires. Ouaouh! Un parchemin tout jauni, une vraie plume pour écrire, et la petite bouteille qui va avec... dommage, l'encre est toute séchée dedans...Je fourre quand même le tout dans ma poche: peut-être qu'en ajoutant de l'eau, je pourrai m'en servir. Ce sera mon fabricateur de carte au trésor!

Dans le dernier tiroir de la commode, il y a une boîte...Je l'ouvre doucement... il ne faudrait pas que je tombe sur un vieux scarabée tout rabougri ou une vieille peau de banane qui a pourri là! Mais non... A la lumière de ma lampe de chevet, quelque chose se met à briller... une bille! Une bille toute ronde! Une agathe comme celle dans la collection du père de Nico. Sauf que cette agathe brille beaucoup plus! Elle reflète bien la lumière. Je ne savais pas que Mamie aimait les billes! Demain je lui demanderai si elle veut bien me la donner. Mais je suis sûr qu'elle sera d'ac!

Et la boîte alors? Ça fera une belle cachette pour mon secret. Je fouille dans ma poche. Il est là, caché bien au chaud: C'est une photo de Natacha.

Natacha, c'est mon amour de toujours. Elle habite la maison d'à côté et à chaque fois que je suis en vacances chez papy et mamie, on essaie de se voir. Enfin, moi j'essaie de la voir parce qu'elle est toujours occupée Natacha. Quand elle joue avec ses frères ou quand elle fait du roller dans l'allée, je n'ose même pas lui dire bonjour. Un jour, il y avait sa photo dans le journal parce qu'elle avait gagné le premier prix à un concours de dessin! Mamie avait découpé la photo et l'avait laissée traîner sur la table pendant une semaine. J'ai fini par la chiper.

Qu'elle est belle Natacha! Elle a des longs cheveux noirs et un sourire qui me fait craquer! Je la regarde puis range la photo dans la boîte. Et je remets la boîte dans la commode. Là personne n'ira fouiller!. Allez! Hop! Je glisse ma nouvelle bille sous l'oreiller et...au lit maintenant, je suis fatigué et demain, Papy m'a promis qu'on construirait une échelle pour monter plus facilement dans la cabane du jardin.

 

 

 

3 Au fond du jardin

Je fais un rêve super! Je suis avec Natacha dans le jardin, et on fait du roller, j'arrive à aller à la vitesse de la lumière, c'est vraiment moi le meilleur, et tout le monde applaudit en me voyant passer. Mais soudain, splaf! Je m'étale de tout mon long par terre : il y a une bille qui a roulé et qui m'a fait tomber. Natacha se met à se moquer, elle rigole, rigole tellement fort... Un rire qui résonne... ha ha ha! Ha ha ha! HA! HA! HA!

Je me réveille en sursaut! Un mauvais rêve... juste un mauvais rêve... pas de rollers, pas d'éclats de bille, ou de moqueries. Mais... c'est bizarre... ces rires... je les entends pour de vrai! Ils viennent du jardin! Vite! A la fenêtre! Il y a encore de la lumière comme l'autre fois... plein de lumières qui dansent... Il y a des gens là bas! Et je suis bien sûr d'une chose: ce ne sont pas des hiboux! J'attache ma nouvelle cape sur mon pyjama, et je mets mon chapeau sur ma tête: ça me donne l'impression d'être plus fort! J'ouvre la fenêtre et descends par ma corde magique: le chèvrefeuille de Papy qui le désespère d'ailleurs! Il n'arrive pas à pousser droit! S'il me voyait descendre par là, il comprendrait pourquoi! Paf! Je me laisse tomber! Ça ne fait pas mal, ça tombe juste dans la terre du potager! Papy va encore se demander qui a cassé ses plants de tomates. Je n'aurai qu'à lui répondre que ce sont les hiboux!

J'avance doucement: il ne faudrait pas me faire remarquer! Et puis j'avoue que j'ai un peu peur de ce que je vais trouver là bas!Courage! Je dépasse la porte de la remise, et je m'enfonce dans le verger. Le pommier, les deux poiriers... puis enfin le cerisier. C'est là que mon arrière grand-père a construit la cabane. C'était pour Mamie quand elle était petite. C'est là qu'elle se cachait à l'heure d'aller manger, c'est là qu'elle s'inventait mille histoires de magicienne. Mamie m'a dit un jour que c'est là qu'elle a appris des tours de magie!

Pour monter à la cabane, il n'y a pas d'échelle. Juste une corde qu'il faut serrer autour de ses mains et ensuite il faut pousser avec les pieds.

Les rires sont toujours là, on ne les entend plus beaucoup, presque comme une chanson qu'on murmurerait.... Je prends mon courage à deux mains, j'attrape la corde à deux mains aussi, et je me hisse jusqu'à la porte de la cabane: hiboux ou pas hiboux? il faut en avoir le cœur net!

 

4 Drôles de hiboux!

Je m'approche de la porte et je glisse un œil par le trou de la serrure: oh! Je n'en crois pas mes yeux! De minuscules personnages lumineux volètent devant mes yeux dans une sorte de ronde...

Je n'y comprends rien! Qu'est-ce que ces choses font dans la cabane? Il faut que j'aille chercher Papy! Mais il ne me croira jamais! Pffff! Mais qu'est ce que je vais faire...

Sbang! La porte s'ouvre, je me suis appuyé trop fort! Et je tombe les quatre fers en l'air dans cette petite réunion de famille.

-Euh... bonjour!

-Bonjour Rémi!

-Vous me connaissez?

-Bien sûr! On connait le petit fils de Marie.

-Vous connaissez ma grand-mère?

-Bien sûr! On connaît la grand-mère de Rémi!

-Qui êtes-vous?

-La confrérie des lucioles bien sûr!

-La confrérie des....

Cling! Un petit bruit me fait sursauter! Sous mes yeux, une luciole vient de s'éteindre. Cling! Une autre!

« Les filles! Les filles! C'est l'heure d'aller recharger nos batteries! » Ordonne celle qui semble être la chef.

-j'y vais, j'y cours, j'y vole! Hurle une toute petite luciole qui vient de s'éteindre à son tour. Elle volette par la fenêtre et disparaît dans la nuit...

-Mais où va t-elle?

-Chercher notre secret!

-Votre secret?

-Oui! Il y a très longtemps, on était de simples papillons de nuit... Mais on a rencontré une magicienne! Elle nous a donné le secret de la lumière... Elle le garde bien précieusement mais nous le prête quand on en a besoin...Dès qu'on commence à s'éteindre, on va le rechercher, et on le met ici dans cet activateur de lumière.

La luciole me montre une sorte de machine infernale, pleine de fils et de ressorts....je me demande bien comment ça peut marcher... peut-être avec des aimants ou avec un.....

 

-Les filles! Les filles! Au secours! Notre secret a disparu!

C'est la petite luciole qui revient en trombe... Elle est essoufflée, transpire à grosses gouttes et a perdu toutes ses couleurs lumineuses.

-Quoi? Hurlent les lucioles. Notre secret?

-Disparu?

-Envolé?

-Volatilisé?

-Éparpillé?

 

 

« Mais on a un indice! Regardez! » Répond la petite luciole en brandissant une boîte que je reconnais aussitôt, notre voleur a signé son crime.

Elle ouvre la boîte et en sort la photo où Natacha sourit si gentiment. Elle va être accusée d'un vol qu'elle n'a pas commis! Je ne sais pas qui a volé la lumière, mais je sais que ce n'est pas Natacha...

-Alleeeeeeez! On y va!

Avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, les lucioles se précipitent par la fenêtre et disparaissent dans la nuit.

Un dernier bourdonnement... c'est le silence....

Je pense à Natacha.... si les lucioles la trouvent, elles vont la sortir de son lit. Natacha ne va rien comprendre... Il faut que je trouve la lumière avant qu'elles ne trouvent Natacha.

 

 

 

5 Où est la lumière?

Mais par où aller? La lumière, ça se trouve où? Pfff, je suis désespéré avant même d'avoir commencé...

Pas de panique! Qu'est-ce-qui fait de la lumière? Une lampe, une bougie,la dynamo de mon vélo.... Je descends de la cabane et cherche autour de moi: le lampadaire, l'ampoule, la guirlande électrique qui éclaire le jardin....il y a de tout, mais rien qu'on puisse glisser dans la machine infernale! Oh! Désespoir! Je n'y arriverai jamais! Je vide ma poche: un vieux papier de bonbons, mon monster-robot, un vieux coquelicot tout fané...bref...rien d'intéressant...

Et dans l'autre... Ma main se referme sur quelque chose de doux, quelque chose de froid et quelque chose de piquant.

Le fabricateur de carte au trésor!

Je pose tout ça par terre. Sous mes yeux, le parchemin commence à se déplier.... la petite bouteille s'ouvre et la plume se glisse dedans... Elle écrit comme de la magie, sur le papier jauni, d'une écriture que je reconnais tout de suite: l'écriture de mamie!

 

Regarde en haut...

 

Je lève les yeux au ciel.... aucune lumière là-haut.... aucun secret... qu'a voulu dire mamie?

Le ciel est noir comme l'encre, sans étoile, mais la lune s'est levée, toute blanche comme de la neige, toute ronde comme.... comme....

Gros bêta que je suis! Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt!!!! je sais quel est le secret des lucioles, je sais qui est le voleur de lumière... Vite! Il faut que je sauve Natacha!

Je retraverse le jardin. Il n'y a plus ni bruit, ni chant, ni rire. Où sont les lucioles? Soudain, j'entends une voix qui proteste: « Mais! Lâchez-moi!Je n'ai pas de lumière, j'ai même pas de veilleuse dans ma chambre... alors! »

Oh non! Ils ont trouvé Natacha! Vite! Je me cache derrière le pommier....La confrérie des lucioles arrive au grand complet avec au milieu d'elle... ma Natacha! Son regard est à la fois effrayé et scandalisé, étonné et en colère. Elle doit de demander ce qu'elle fait là... Sans ménagement, les lucioles la poussent vers la cabane. Que vont-elles lui faire?

Je sors de ma cachette comme un diable de sa boîte. Natacha fait un bond de 10 mètres en me voyant!

-Restez-là et ne faîtes rien! Hurle-je aux lucioles, je reviens!

-Mais non alors! On va s'occuper de notre voleuse, nous!

Je ne réponds pas, je suis déjà loin...

 

 

6 Natacha

Je me précipite vers la maison en courant. Vite! Vite! Avant qu'elles n'accusent Natacha! Ouch! Le chèvrefeuille! Je l'ai déjà descendue plein de fois, mais jamais je ne suis remonté par là! Allez! Courage! Je m'agrippe, je pousse, je tire. Spaf! Ouille! Encore un plant de tomate cassé. Comment je vais faire? La porte est fermée la nuit... je n'arriverai jamais! Et les lucioles vont s'en prendre à Natacha!

Scritch! Scroutch! Une clé dans la serrure! Mamiiiie! Mamie est là devant la porte. Elle me sourit. « Mamie, si tu savais, j'ai trouvé des..... »

Mais Mamie met son doigt sur la bouche: « Chuut, Rémi, je sais tout ça! File vite faire ce que tu dois faire! »

Mamie sait tout! Bien sûr! Je lui fais à toute vitesse un petit bisou sur la joue, et je monte les escaliers quatre à quatre. Tant pis, si je réveille Papy, Mamie lui dira qu'il y a des hiboux dans l'escalier!

Vite! La chambre! J'entre en courant, je soulève l'oreiller. La bille est là, plus lumineuse que jamais malgré la pénombre. Je la prends, elle est tiède... Allez! C'est reparti pour un tour dans la capucine... et dans les tomates de Papy! A la cabane maintenant!

 

 

Je cours comme un fou en criant: « Attendez! Vous vous trompez! »

Je grimpe à la cabane:

-Ce n'est pas elle votre voleuse!

 

Natacha est là dans un coin, les lucioles autour d'elle me regardent bizarrement.

 

-Je suis désolé, mais c'est moi! Je ne savais pas!

 

Je sors la bille de la poche de mon pyjama, aussitôt elle se met à briller, même si il n'y a pas de lampadaire! C'est de la magie! Elle brille toute seule! Je me précipite sur l'activateur et glisse la bille à l'intérieur. Et une immense vague de joie retombe sur les lucioles! Leurs corps se mettent à doucement s'éclairer, s'illuminer même! Tout le monde rit, personne ne pense plus à mon vol!

Elles s'en fichent les lucioles, elles ne voulaient pas retrouver le voleur, mais seulement la bille!

Natacha ne bouge toujours pas, encore un peu sonnée de toute cette aventure. Elle se lève et marche vers moi en regardant par terre. Sur le plancher, il y a une petite boîte et un papier qui dépasse...Elle se penche, le ramasse et le regarde.... Je sens que je deviens rouge comme une tomate de Papy: c'est sa photo découpée dans le journal, cette photo qui lui a valu tant de malheurs! Elle me la tends avec un grand sourire: « Tu as perdu ça, c'est à toi je pense? »

Je tends la main, pétrifié comme un robot ridicule avec une cape et un chapeau de magicien.

Mais Natacha ne semble pas fâchée: « Tu aimes le roller? On pourra y jouer demain! »

J'arrive juste à répondre bêtement: « J'ai pas de rollers »

« Pas grave! Répond Natacha! Je te prêterai ceux de mes frères! »

Elle est sympa Natacha! Elle a des rollers, elle sait dessiner, et en plus elle a tout compris!

Je lui souris! On va être de vrais amis maintenant!

 

 

 

Céline Claire 43-987

 

10.03.2009

ça commence là...

Il y a longtemps, j'ai ramassé les bouts de bois... j'avais 6 ans.... puis j'ai déniché quelques clous vers 12 ans. Mais c'est il y a 6 ans que j'ai vraiment commencé la cabane.

C'est un tout petit garçon qui m'en a donné l'enthousiasme....

Petit pied retaillée.JPG

 

Un petit sac de velours bleu

 

C’est la nuit de Noël…
Il est très tard…si tard que seules quelques lumières oubliées clignotent encore dans la ville. Si tard que tous les yeux sont profondément fermés. Si tard que les toits sont entièrement recouverts d’un fin manteau de neige glacée…

Dans le silence flottent neuf carillons qui tintinnabulent à chaque saut des rennes… Le Père Noël n’a pas fini son travail. Il est éreinté mais continue inlassablement à remplir les cheminées des maisons endormies…
Enfin le dernier paquet…
Le Père Noël est heureux pour ses rennes aussi : il les sent épuisés de tant de kilomètres parcourus, tirant un traîneau qui, au lieu de s’alléger, semblait de plus en plus lourd au fur et à mesure de la distribution. Le Père Noël ne comprend pas. Pourquoi tant de fatigue ? Et cette impression de labeur non fini ?

Le Père Noël attrape le dernier cadeau : vraisemblablement un cheval à bascule vu la forme et la grosseur du paquet.
Il le soulève avec peine et court le déposer au pied du sapin. Il remonte dans son traîneau, fait claquer sa langue, et les rennes se remettent péniblement en marche…
Pourquoi tant de mal ? Le traîneau est pourtant vide maintenant.
Comme animé d’un soupçon, le Père Noël se retourne… Et ce qu’il voit le remplit de stupeur : cachés au fond du traîneau, longtemps dissimulés sous le cheval à bascule, une multitude de petits sacs de velours bleu attendent sagement.

Qu’est-ce ?
Le Père Noël n’en croit pas ses yeux. Ce n’est pas lui qui a déposé tout cela… Il se rappelle de chaque jouet fabriqué, de chaque cadeau emballé, de chaque désir d’enfant. Et quel enfant réclamerait un petit sac de velours ?
Le Père Noël ordonne aux rennes de s’arrêter, il descend du traîneau et saisit un de ces sacs.
Stupeur !
Il est gonflé à bloc et lourd comme du plomb ! Le Père Noël le regarde longuement, le tourne et le retourne sans oser l’ouvrir. Il réfléchit, retrace le fil de sa tournée, persuadé que ces cadeaux n’étaient pas là quand il a embarqué.
C’est alors qu’il se rappelle…
Lors de sa tournée, il a vu sortir de quelques-unes des maisons un papa ou une maman et s’approcher discrètement du traîneau. Il n’a guère fait attention : le Père Noël se soucie plus des enfants que des adultes… mais il se pourrait fort bien que ces parents aient glissé un petit paquet dans le traîneau…

Cherchant la clé de ce mystère, tournant et retournant le petit sac, il découvre, brodé sur le ruban qui le ferme, un prénom d’enfant…
Chaque sachet serait donc destiné à un petit ?
Une douceur infinie traverse le regard usé du Père Noël…
Il a compris.
Alors il remonte dans son traîneau, fait claquer sa langue, se cambre sous l’allure des rennes repartis au triple galop et les guide à travers la ville et le froid.
Ils montent, dépassent les lumières, glissent sur les nuages pour un pays que tous imaginent sans jamais le connaître.

Une multitude d’enfants impatients l’attendent en file indienne .
Ils ont interrompu leurs jeux à l’écoute des carillons et se tortillent d’aise à l’envie d’avoir leur cadeau…
Ils n’attendent pas de jouets, de poupées ou de camions… Ils attendent un simple petit sac de velours bleu. Des étoiles brillent déjà dans leurs yeux et les regards filent du côté du traîneau.

Le Père Noël prend un des sacs si lourds entre ses mains, soulève le ruban qui le ferme et lit le prénom brodé.
Aussitôt, le visage d’un petit garçon en habit de prince s’éclaire. Il s’avance timidement et tend ses mains. Le sac qui semblait de plomb se fait plume ! L’enfant sourit, défait d’un geste le ruban et surgissent alors une multitude de bisous, chatouilles, câlins et caresses qui retombent comme une pluie de bonheur sur les cheveux, les mains, les joues du garçonnet qui éclate de rire sous cette tendresse attendue.
Autour de lui, comme un écho à sa joie, d’autres sacs se distribuent, d’autres rubans se défont, d’autres rires retentissent…
Le pays imaginaire n’est plus qu’un immense éclat joyeux qui carillonne plus fort encore que les clochettes des rennes…

Car une maman restera toujours une machine à faire les bisous, un papa restera toujours une machine à faire les câlins et l’amour trouvera toujours un messager pour arriver à son destinataire.

 

Céline CLAIRE

Copyright n°7C7G155-1